Nice-Matin - Les trois choix possibles

Lundi les repreneurs ont présenté leur projet de reprise devant le tribunal.

Le tribunal de Commerce de Nice a entendu, lundi les repreneurs potentiels du groupe de presse Nice-Matin (1100 salariés), placé en redressement judiciaire depuis mai.

Finalement trois offres ont été présentées.

Les salariés et Tapie

Les salariés de Nice-Matin souhaitent monter une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui ferait de Nice-Matin un titre possédé par ses salariés, avec une gestion déléguée.

400 salariés ont accepté de verser une partie de leur treizième mois, soit environ un million d’euros pour financer le projet. 500 000 euros ont aussi été récoltés par des dons et une vente aux enchères. Les salariés ont le soutien de la région Paca et de différentes structures de l’économie sociale et solidaire (7 millions possibles de crédits ou d’aides).

Ce projet table sur 159 départs, exclusivement volontaires qui représenteraient 14 millions d’euros d’économies. Sur les prochaines années, 130 autres salariés devraient partir naturellement.

La SCIC a également noué une alliance avec Bernard Tapie. Il s'est déclaré intéressé par le quotidien Corse-Matin et par l’immobilier. L'homme d'affaires a déposé au tribunal un chèque de 4 millions pour Corse-matin, et un autre de 1,2 million pour l'achat d'agences.
Mais cette association n'est pas du goût de tout le monde... Bernard Tapie a voulu un temps fusionner les imprimeries de Marseille et Nice. Les salariés des imprimeries restent donc très méfiants.

Le trio Rossel, Marzocco et Safa

Le deuxième projet de reprise a été présenté par le groupe de presse belge Rossel (Soir à Bruxelles, La Voix du Nord, L’Union à Reims) et deux acteurs plus ″régionaux″, le groupe de BTP monégasque Marzocco et Iskandar Safa, l'actionnaire principal des Constructions mécaniques de Normandie, président du groupe Fimas.

″Ce plan crée malheureusement une rupture économique et sociale″, a déclaré le trio dans une lettre ouverte aux salariés, vendredi dernier. Une mesure indispensable due au manque d'investissement et d'adaptation ″depuis de nombreuses années″. Les coûts d’impression et de distribution "sont, par exemple, deux fois supérieurs à ceux constatés dans de nombreux autres quotidiens régionaux."

Le plan qui prévoit 376 suppressions de postes, soit plus d'un tiers des effectifs, nécessite forcément l'adhésion des salariés. Les candidats à la reprise de Nice-Matin prévoient le maintien des 14 éditions locales ainsi que des investissements dans les imprimeries. Il souhaite également le rachat de radios indépendantes et l’obtention de la future fréquence de télévision régionale dans le Var.

Sur 50 millions d'euros pour ce projet, 15 millions seraient alloués au financement des départs, et 20 millions aux investissements sur trois ans.

Georges Ghosn

Le troisième repreneur potentiel fait figure d'outsider. L’homme d’affaires Georges Ghosn, ancien propriétaire de La Tribune et de France Soir, a présenté son projet financé par des ventes d’actifs immobiliers.

Il apporterait ainsi 11 millions d’euros de capitaux plus 13 millions pour un plan d’investissement sur cinq ans. Il prévoit 239 licenciements.

L’homme d’affaires ne conserverait que cinq éditions, et lancerait un supplément économie et un nouveau magazine.


Le tribunal a renvoyé l’examen des candidatures au jeudi 23 octobre, pour que les potentiels repreneurs affinent leur offre, mais aussi en raison "de l’ampleur et l’importance du dossier".

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