En 25 ans, ce conducteur offset MOF est passé du moyen-âge à la science-fiction

Franck Surowiec, conducteur offset MOF, devant le palais de l'Élysée

L'imprimerie Escourbiac (81) s'est tournée récemment vers le numérique avec l'acquisition en juin dernier d’une Linoprint CV. Franck Surowiec, conducteur offset MOF témoigne de ce changement.

Franck Surowiec, conducteur offset pendant 25 ans, a été désigné Meilleur Ouvrier de France en 2008. Depuis 1924, ce concours récompense l’excellence professionnelle et conduit à l’attribution d’un diplôme d’État de niveau III. Il nous livre aujourd’hui son expérience suite à l’acquisition d’une presse Linoprint CV.

L’imprimerie Escourbiac n’est passée que très récemment au numérique ; pourquoi avoir tant attendu ?

Franck Surowiec - Avant de se décider, on a fait beaucoup d’essais et de tests, avec des échantillons compliqués à imprimer, on a vraiment pris le temps. Nous voulions être sûrs d’acquérir du matériel performant.

Pourquoi avoir choisi la Linoprint ?

FS - Le choix s’est porté sur la Linoprint de Heildelberg, car c’était la plus polyvalente. Hormis le fait qu’en impression, elle est très performante, elle permet de par son mode bannière d’imprimer du papier en 330x700 mm. Elle permet également de mettre un vernis brillant en surimpression grâce à une cinquième couleur. Cette cartouche peut être modifiée et transformée en blanc, ce qui donne la possibilité d’imprimer sur des supports couleur et ainsi avoir un superbe rendu couleur sans que celui-ci soit affecté par le support.

Que pensez-vous de cette nouvelle presse en terme de fiabilité ?

FS - La fiabilité, ce qui signifie à mon sens la colorimétrie et le suivi d’encrage, est très bonne. Il suffit de regarder dans un livre comportant des onglets en couleur, la régularité de l’encrage est stupéfiante.

Permet-elle d’imprimer plus longtemps ?

FS - La presse peut être programmée pour un démarrage différé. Bien sûr, on n’est pas à l’abri d’un incident technique en notre absence, mais cela permet de lancer une impression tout en préparant un autre job.

Est-ce que c’est une technologie propre ?

FS - Oui, il n’y a pas de rejets. Les cartouches sont recyclées par le fabricant. L’impact sur l’environnement est réduit.

Y a-t-il une différence au niveau du temps de calage ? Cette nouvelle presse est-elle simple à utiliser ?

FS - Si un client souhaite faire un essai sur papier, le numérique a l’avantage de permettre de lancer une impression sur une feuille avec un résultat immédiat et sans engager de frais.

La machine est relativement simple à utiliser, mais c’est tout l’environnement qu’il ne faut pas négliger ; la qualité du papier, le sens des fibres, les corrections couleur, l’imposition… C’est là que mon ancien métier de conducteur offset m’est très utile. Il ne faut pas oublier que ce n'est pas un photocopieur.

Que pensez-vous de la qualité d’impression dans ces deux technologies (offset et numérique) ?

FS - C’est équivalent. Les clients qui viennent voir nos échantillons sont bluffés. Depuis trois ou quatre dans, la technologie numérique a fait un grand bond en avant pour arriver quasiment au niveau de l’offset.

Avez-vous effectué une formation pour passer au numérique ?

FS - Oui tout à fait. Je gère un parc de machines ; j’imprime, mais je peux également rainer, couper, plier, pelliculer… J’ai quatre machines autour de moi et j’ai bénéficié d’une formation pour la nouvelle presse ainsi que pour chaque appareil.

Cela a-t-il été rapide à mettre en place ?

FS - La mise en place a été très rapide. Deux jours après avoir été installée, la machine était en production, le deuxième jour étant consacré à la formation avec le technicien.

Être passé par l’impression traditionnelle avant, est-ce un atout ?

FS - Je pense, oui. Par exemple, je n’ai aucune difficulté en ce qui concerne la visualisation des couleurs. Sur le numérique, on peut modifier les plages de couleurs. Si jamais un client voit une image trop rouge, ou trop jaune, j’ai les moyens de modifier les courbes d’encrage sur ma presse numérique. Ça, je sais le faire, c’est mon premier métier.

Finalement, le passage au numérique constitue presque un changement de métier ?

FS - C’est effectivement un changement de métier. J’ai fait de l’offset pendant 25 ans, j’en ai quasiment fait le tour. J’ai commencé avec une machine archaïque sur laquelle on réglait l’encre avec de petits robinets. Dans ma carrière, au niveau du parc machine, je suis passé du moyen-âge à la science-fiction ; il y a eu un bond technologique énorme.

Le seul point commun, c’est l’œil humain en ce qui concerne la visualisation des couleurs. C’est pour cela que ma culture du papier me sert encore tous les jours pour le numérique.

Plus d'articles sur les chaînes :

Tarn
Réagir à cet article :
Isabelle Michaux - 01 Octobre 2015
De l'offset au Moyen Âge ?
Ajouter un commentaire...
Reportage : Escourbiac et le numérique

L'imprimerie Escourbiac (81) franchit le pas du numérique

ESCOURBIAC SA recrute

Actualités de l'entreprise