Savoir-faire / Les 34 000 couvertures aléatoires du Programme du Festival de Cannes

Une impression aléatoire réalisée à grande échelle sur une presse offset.

Durant tout le cycle d'impression, la mise en place de différentes interventions manuelles a rendu possible l'impression évolutive de 34 000 couvertures différentes.

34 000 exemplaires uniques, l’idée !

Philippe Savoir, directeur artistique à l’agence Filifox, réalise depuis trois ans l’ensemble des publications du festival de Cannes (charte graphique, produits dérivés…). Pour réaliser le programme de cette 70e édition, il souhaitait proposer une idée originale à la hauteur de l’événement.

"J’avais entendu parler d’un artiste ayant réalisé une série de couvertures de catalogues avec une intervention manuelle directement sur la presse. J’avais trouvé que l’idée était assez belle", explique-t-il.

L’imprimerie Art & Caractère, partenaire régulier du Festival pour les publications et les affiches officielles, s’est prêtée au jeu. Le défi était de réussir à obtenir une impression aléatoire à grande échelle sur une presse offset.

La réalisation

"Nous avons travaillé sur une gamme de couleurs compatibles avec le mélange, afin de ne pas obtenir une bouillie marron… Nous avons travaillé sur des dégradés dans des sens différents, avec différentes plaques, sur une base de couleurs de quatre tons. Nous infiltrions une des couleurs dans une autre couleur directement dans les encriers, afin de créer des accidents, des passages du beige au violet en passant par des rouges, orangés, roses…"

Durant tout le cycle d’impression, la mise en place de différentes interventions manuelles et la collaboration entre tous les intervenants ont rendu possible l’impression évolutive de 34 000 couvertures différentes. Ce qui fait de chaque exemplaire un objet original et unique.

"Cela n’a pas été de tout repos, mais l’imprimerie s’est vraiment impliquée, ils ont réalisé de nombreux essais. Après il a fallu reproduire ces petits tests à grande échelle."

Pour obtenir 34 000 couvertures différentes, avec une évolution constante dans les dégradés de couleurs, l’imprimeur a dû réaliser des ruptures parfois drastiques :

"Par moments, on arrêtait, on lavait tout et l’on repartait de zéro, pour garder quelque chose qui ne soit pas trop répétitif sur la durée, parce qu’évidemment d’une feuille à l’autre il y a une différence subtile qui est parfois un peu mince. L’objectif était d’obtenir un objet évolutif mais avec de vrais changements d’ambiance et de couleurs."

Dans cette intervention tout en couleur, Philippe Savoir a voulu amener un peu de préciosité et de dépouillement en choisissant de ne rien indiquer sur la couverture hormis un gaufrage pour les 70 ans du festival. Le papier, de chez Fedrigoni, a également été choisi avec soin.

Le résultat, parfaitement maitrisé, a atteint sa cible : "ça a bien fonctionné. Les festivaliers s’échangeaient les programmes. Ils ont compris l’idée et y ont assez bien adhéré".

Crédit photos : Philippe Savoir

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