L'imprimerie typographique La Platine traverse la crise et lance une association

Imprimerie typographique La Platine (13)

Malgré une absence de visibilité, l'entreprise marseillaise reçoit beaucoup de devis et continue ses activités. Elle a lancé il y a un an une association pour l'exposition et la vente d'oeuvres.

« Avec le Covid la situation est délicate, mais elle était déjà délicate avant », lance avec humour Odile Coulange, patronne de l'imprimerie artisanale La Platine, à Marseille.

Odile Coulange a créé La Platine en 1999, suite au rachat de l'imprimerie typographique de Jean-Pierre Pramayon, datant de 1920. Aujourd'hui, elle travaille avec Eric, conducteur offset. Et malgré une baisse d'activité liée à la crise sanitaire, le duo n'a pas fermé boutique durant le confinement. L'imprimerie a notamment réalisé deux livres d'art pour les éditions Le Dernier Cri.

Une nouvelle association pour l'exposition et la vente d'œuvres

Il y a un an, l'imprimerie a lancé une association à but artistique. Désormais, l'atelier comprend un espace d'exposition et de vente où sont présentées uniquement les productions de l'imprimerie, notamment réalisées avec des artistes.

L'association compte plusieurs membres, dont Pierrgiuseppe Molinar, le concepteur de Quadridluox, présenté comme « un système expérimental qui utilise des encres fluorescentes pour la production de l'impression offset quadrichromie, développant une gamme de couleurs riche et expressive ».

« Nous avons fait nos premiers essais avec ses encres et sa technique, et le résultat est merveilleux », s'enthousiasme Odile Coulange. Les essais ont été réalisés sur une des machines de l'imprimerie, une presse offset mono couleur Heidelberg Kord, et sur du papier Fedrigoni, principal fournisseur de l'imprimerie.

La Platine, grâce à Piergiuseppe Molinar, concepteur du procédé Quadrifluox, est après l'Italie la première imprimerie française à imprimer sur une Kord avec cette technique.

La société a également fait l'acquisition d'une petite presse typographique à épreuve afin de réaliser des workshops et ateliers de formation. Une activité momentanément interrompue par le Covid mais qui a pu redémarrer.

Du travail, mais aucune visibilité

Parallèlement à ces activités, l'imprimerie réalise tout type de travaux : prospectus, livres d'arts, travaux d'artistes, travaux de ville… De par son implantation en centre-ville, l'entreprise s'adresse autant aux particuliers, qu'aux artisans et entreprises.

L'imprimeur, qui n'est volontairement pas équipé en numérique, dispose de deux presses typographiques, ainsi que d'une Platine Ofmi Garamond et d'une KSB construites par les usines d'Heidelberg.

Odile Coulange précise qu'elle ne fait pas de sous-traitance et ne réalise que des travaux qu'elle peut entreprendre en interne. Seul le façonnage est réalisé chez Pascal Relieur, un façonnier avec qui l'imprimerie travaille depuis plus de 20 ans.

Aujourd'hui, Odile Coulange reçoit beaucoup de devis. Elle n'a en revanche aucune visibilité. « Aujourd'hui nous avons du travail, mais nous ne savons pas de quoi demain sera fait », conclut-elle.

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