Interview / Coronavirus et confinement : quels effets sur Cloitre Imprimeurs (29) ?

Christophe Dudit, pdg de Cloitre Imprimeurs.

Le pdg de l'imprimerie bretonne de 110 salariés nous explique comment se passe désormais la production.

Avec le confinement des citoyens français afin d'enrayer l'épidémie de coronavirus, les entreprises font face à une situation inédite dans l'Hexagone et doivent improviser. Certaines imprimeries ont arrêté la production et d'autres continuent comme à l'imprimerie située dans le Finistère Cloitre Imprimeurs. Christophe Dudit, le pdg de l'entreprise qui réalise 14 millions de chiffre d'affaires, nous explique comment et pourquoi il maintient l'activité.

GraphiLine : Continuez-vous votre production ?
Christophe Dudit : Oui Cloître assure la production tant qu'il y a des commandes. Mais cela se réduit comme peau de chagrin.
Nous avons du travail encore pour environ une semaine et demie. Nous tournons à 60 % aujourd'hui. Nous avons des commandes annulées, notamment dans l'événementiel et le tourisme, mais nous continuons à prendre des commandes.  

Combien de salariés travaillent actuellement sur vos 110 personnes ?
En début de semaine la majorité. Mais à partir de lundi, nous serons en chômage partiel, avec 40 % des effectifs.

Certains salariés sont-ils inquiets de venir travailler ?
Certains se posent des questions : pourquoi arrêtons les commerces, mais pas les entreprises ? Il y a un peu de flou par rapport à ça de la part de l'État. Et si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités, nous nous les prenons : nous avons pris les mesures pour garantir la sécurité des salariés et ma deuxième responsabilité est de maintenir les emplois. En ce sens, je garde l'entreprise ouverte (et on ne nous a pas demandé de fermer).

Quelles mesures avez-vous prises concernant le coronavirus ?
Le télétravail a été mis en place pour toutes les personnes pour qui s'étaient possibles comme les commerciaux, la communication, une partie de la comptabilité et des RH. Nous avons aussi décalé les équipes à l'atelier pour qu'elles ne croisent plus.
Chaque personne reste dans son atelier ou à sa machine et désinfeste tous les jours son espace.
Nous avons aussi fermé tous les lieux ont les gens se réunissent (la machine café, les vestiaires...).
Tout le monde reste à distance d'1,5 mètre de chacun, du gel hydroalcoolique est à disposition, tous les transporteurs qui viennent à l'imprimerie se lavent les mains et l'usine est fermée au public.

Avez-vous des problèmes d'approvisionnements de consommable ?
Non mis à part du gel hydroalcoolique. En fait, le problème est au niveau des livraisons : nous n'arrivons plus à livrer toutes nos commandes. Et celles qui nécessitent d'autres prestataires comme les routeurs posent également problème. C'est une réaction en chaîne.

Concernant les mesures économiques pour les entreprises évoquées par le gouvernement, qu'en pensez-vous ? Croyez-vous le Premier ministre lorsqu'il dit qu'aucune entreprise "ne sera livrée au risque de faillite" ?
Je l'espère de tous mes vœux !
Et concernant les mesures, nous nous tournons tous les jours vers nos avocats et comptables. 
Je me rends compte que beaucoup de confrères et autres chefs d'entreprise n'ont pas encore mis en place les mesures les plus simples (comme repousser les crédits bancaires ou les cotisations Urssaf) parce que nous croulons sous une avalanche d'infos et c'est un peu le flou. Pour les chefs de petites entreprises, c'est très compliqué à gérer. Nous recevons bien tous les mails des impôts, alors pourquoi ne pas envoyer pas un mail récapitulatif de toutes les mesures prises ?
En plus, certaines mesures sont annoncées, mais les décrets ne sont pas publiés…

Vous êtes en contact avec vos confrères italiens, qui sont en avance d'une dizaine de jours par rapport à la France concernant la propagation du Covid-19, non ?
Oui. Grâce au réseau Impriclub, nous communiquons avec nos confrères italiens, mais aussi espagnols sur les mesures qu'ils avaient mis en place face aux restrictions imposées.
Nous avons créé un compte WhatsApp, pour échanger sur nos bonnes pratiques. On se sent moins seul, ça fait du bien.

Êtes-vous inquiets pour l'avenir de l'imprimerie Cloitre ?
Nous ferons tout ce qu'il faut pour passer le cap et nous serons là demain !
Nous n'avons pas de visibilité, nous vivons un peu au jour le jour et l'économie va forcément prendre un coup sur le museau, mais je suis de nature optimiste. Et face à des situations comme celle-ci, on se relève toujours plus fort.
Ce qui me plaît en ce moment, c'est de voir la solidarité des équipes pour défendre leur boutique, cela révèle de belles choses !

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