CPI Bussière - Une délégation au ministère du Redressement productif pour parler de l'avenir de l'imprimerie

Suite à l'annonce du plan de licenciement à l'imprimerie de Bussière, 70 emplois sur les 128, une délégation est allée, jeudi dernier, à la rencontre du ministère du Redressement productif.

Le député du Cher, Yann Galut, le maire de Saint-Amand-Amond, Thierry Vinçon, et trois représentants des salariés, Frédéric Pichot, Frédéric Gerbé et Francis Hoschtettler, ont été reçus par Michaël Dudragne, le conseiller parlementaire du ministre Arnaud Montebourg, Zacharia Alahyane, le conseiller technique du ministre et Philippe Malizard, le commissaire au redressement productif en région Centre.

Ils ont pu exprimer leur mécontentement et souligner l'importance de l'imprimerie de Bussière dans le paysage économique local. Les salariés ont aussi manifesté leur inquiétude qu'à l'avenir de l'imprimerie en France. "En 2008, la quote-part était de 15 % pour l'imprimeur. Aujourd’hui c'est 3 %" résume Frédéric Pichot.

Les salariés ont pointé du doigt des incohérences dans la gestion de la crise de l’imprimerie, en mettant notamment sur le tapis le problème des marchés qui partent à l'étranger.  

Grâce à la Loi Lang, les maisons d'édition ont un prix de vente garanti. Mais ce dispositif ne sert finalement qu'à ces maisons d'édition, qui font imprimer leurs livres en Chine, et sans se soucier de l'empreinte carbone.

De plus, la banque publique d'investissement, la BPI, a investit dans l'imprimerie de Bussière en 2013. "La BPI injecte de l’argent dans un secteur d’activité qui est mal en point. Et dans le même temps, l’Etat fait fabriquer les livres de l’Éducation nationale en Chine. Des volumes qui sont subventionnés par les régions en plus !" Les syndicats ont demandé que ce marché, tout ou partie, profite aux imprimeurs français. 

Ils ont aussi fait remarquer le rôle "monopolistique" de Hachette et Editis dans les commandes de CPI Bussière qui représenteraient 70 % de l’activité de CPI. Une diversification des clients leur semble une solution pertinente et viable. Ils pensent notamment au marché des petites et moyennes maisons d'édition. Mais le marché des STMA, les publications scientifiques, techniques, académiques et médicales aurait également dû être approché : en Angleterre, les STMA feraient tourner quatre Quantum à plein régime.

Frédéric Pichot s'est dit satisfait de cet entretien."Les représentants du ministère ont noté que la production chinoise posait un problème." Ils ont aussi répondu qu'ils allaient rencontrer la direction pour faire le point sur la situation. 

Mais la négociation se fera entre la direction du groupe CPI et les salariés. Une première réunion doit avoir lieu aujourd'hui. 

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...

Actualités de l'entreprise