Avec Croq'papier, l'imprimerie Actiade s'ouvre de nouvelles perspectives économiques

L'imprimerie Actiade s'est lancée dans la collecte de papier.

Le travail de Croq'papier consiste à collecter le papier chez le client, à le prendre en charge avec un véhicule et à le ramener à l'atelier pour le trier.

Comment ouvrir de nouvelles perspectives économiques dans son imprimerie tout en participant à une activité éco-responsable ? Pascal Monget, directeur de l’imprimerie Actiade, nous explique sa solution.

L’entreprise de 8 personnes installée à Fontcouverte en Charente-Maritime (17) a entamé une restructuration il y a plusieurs années afin d’adjoindre à son activité d’imprimeur une activité de collecte de papier baptisée Croq’papier.

« Comme tous les imprimeurs, nous rencontrons des difficultés, c’est pourquoi depuis 2013, je travaille sur ce projet de rééquilibrage afin de maintenir l’activité », explique Pascal Monget.

Créée en 1995, Actiade est une imprimerie dédiée exclusivement au numérique avec comme spécialisation le repiquage en numérique sur enveloppe en petites et moyennes séries. Mais entre 2010 et 2018, la société a perdu plus de 35 % de son chiffre d’affaires, passant de 1 million à 630 000 euros.

« Dès que nous avons 20 tonnes de papier, on envoie les balles chez un papetier »

Le travail de Croq’papier consiste à collecter le papier chez le client, à le prendre en charge avec un véhicule et à le ramener à l’atelier pour le trier. Le papier est séparé selon sa qualité en trois catégories : papier journaux et magazines ; papier blanc type photocopieuse ; et papier de qualité intermédiaire type papiers de bureaux, autocopiants, colorés, chemises, etc.

Une fois trié, le papier est broyé afin de garantir la confidentialité des données, puis compacté et mis en balles.

« Nous avons un contrat avec un papetier. Dès que nous avons 20 tonnes de papier, nous envoyons les balles à l’usine. Le papetier se charge du désencrage et de la fabrication de la pâte à papier recyclée. »

Une activité en croissance et un soutien des collectivités

Pour créer Croq’papier, l’imprimerie Actiade est partie de zéro, ce qui a demandé des investissements en matériels. La collecte nécessite un fourgon ainsi qu’un petit véhicule de type piaggio avec un crochet permettant de déposer au sol des bennes de 2 mètres cubes dans lesquelles les clients déposent leur papier.

Croq’papier s’adresse avant tout aux PME sur un territoire urbain. « Cela permet de désarchiver facilement des entreprises qui ont entre 300 kilos et une tonne d’archives. »

L’imprimeur qui collectait d’abord les papiers de ses propres clients a aujourd’hui élargi son champ d’action. « Nous avons traité 250 tonnes de déchets en 2017, 400 tonnes en 2018, et on est sur une base de 600 tonnes cette année. »

Une des clés de cette réussite selon Pascal Monget est que Croq’Papier s’est développé sur un créneau qui n’existait pas.

« Les collectivités publiques collectent chez les particuliers mais de moins en moins dans les entreprises, et les opérateurs institutionnels sont équipés pour collecter chez les gros faiseurs. Entre les deux, pour les PME, il n’y a pas de solutions. C’est pour combler ce vide que nous avons lancé cette activité. »

Aujourd’hui, Croq’papier emploie 4 personnes, dont 3 seront en CDI d’ici fin 2019. L’activité n’est pas encore rémunératrice en raison de l’amortissement des investissements mais l’équilibre est juste devant, assure le directeur.

« Nous sommes à un tournant puisque nous allons bénéficier du soutien de nos collectivités locales et régionales, et investir plus de 60 000 euros dans un nouveau broyeur et une nouvelle presse qui vont nous permettre de doubler la productivité sans augmenter le nombre de salariés. »

Après une première période d’apprentissage, Croq’papier compte bien asseoir sa position sur ce nouveau marché.

« C’est un domaine où nous avons de la visibilité, des choses à inventer, des développements à faire, avec un contact client agréable. Les entreprises sont aujourd’hui bien sensibilisées au recyclage. Ça nous apporte une perspective de développement économique, mais aussi une dynamique », conclut Pascal Monget.

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