Les papeteries françaises sont prises en étau alerte la Copacel

© Copacel

Sept papeteries ont fermé depuis 2024. "Il est urgent de mettre en oeuvre une politique industrielle ambitieuse pour la filière papetière française", martèle la Copacel, face à la pression des importations, à la baisse des prix et à des coûts durablement élevés.

"Le discours des pouvoirs publics sur la réindustrialisation doit être suivi d'effets concrets", alerte l'Union française des industries des cartons, papiers et cellulose, la Copacel. Depuis 2024, sept papeteries ont fermé et plusieurs usines sont en procédure judiciaire. La filière encaisse un choc combinant pression des importations, prix orientés à la baisse et coûts durablement élevés.

Depuis le 1er janvier 2024, sept papeteries sur les 81 recensées ont cessé leur activité. Parmi elles, Condat en Dordogne reprise par SPB, RDM Blendecques dans le Pas-de-Calais, Wizpaper, ex-Arjowiggings dans le Pas-de-Calais ou encore la Papeterie Saint-Michel en Charente. Deux producteurs de papier d'emballage, dont la papeterie Gemdoubs située à Novillars dans le Doubs et Cenpa dans le Bas-Rhin, sont en redressement judiciaire. Et un industriel, Fibre Excellence, qui exploite deux usines de pâte de cellulose, est engagé dans une procédure de conciliation. D'autres sites présentent des fragilités, liées à un taux d'utilisation insuffisant des équipements et à l'érosion des marges, constate encore la Copacel.

Une production sous pression des flux internationaux

Le marché ne se contracte pas uniformément. "Si certaines fermetures ont été inévitables, notamment dans le domaine des papiers graphiques (journaux, magazines), les produits papetiers conservent une place essentielle dans l'économie du XXIe siècle", souligne la Copacel. Les papiers et cartons conservent des débouchés liés à la substitution du plastique et à leur taux de recyclage élevé, évalué à 87 %.

La pression vient d'abord de l'extérieur. Des surcapacités de production, en particulier en Chine, alimentent des exportations à bas prix vers l'Europe. À cela s'ajoute le redéploiement de volumes initialement destinés au marché américain, sous l'effet de barrières tarifaires. Ces flux accentuent la concurrence sur le marché européen.

De plus, "la France ne parvient toujours pas à améliorer la compétitivité de ses industries 'lourdes' (poids de la fiscalité de production, énergie, complexité administrative), ce qui se traduit par des coûts de production supérieurs à ceux de pays concurrents", déplore l'organisme.

Un cadre industriel et réglementaire en question

Copacel appelle à des mesures à l'échelle européenne et nationale. L'organisation professionnelle demande le renforcement des instruments de protection du marché, la réduction de la fiscalité de production et une meilleure valorisation de l'électricité d'origine nucléaire.

Le cadre réglementaire est également ciblé. Les dispositifs liés à la responsabilité élargie du producteur (REP), aux emballages (PPWR) ou à la déforestation (RDUE) sont jugés complexes à mettre en œuvre. Elle évoque aussi l'adaptation des contraintes environnementales, notamment sur l'eau et le CO₂, aux capacités d'investissement des sites.

Christian Ribeyrolle, président de la Copacel, rappelle : "L'industrie papetière fournit à nos concitoyens des produits à la fois traditionnels et innovants, contribuant à la lutte contre le changement climatique et au développement de l'économie circulaire. Face aux risques croissants pesant sur la pérennité de nombreux sites, il est urgent de mettre en œuvre une politique industrielle ambitieuse au service de la compétitivité de notre industrie et de la souveraineté de notre pays".

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