Que se passe-t-il à l’imprimerie Grenier ?

L'imprimerie Grenier lors des portes ouvertes en 2016.

Sur fond de désaccords stratégiques, les actionnaires de la société ont licencié au printemps dernier le directeur général, le directeur commercial et le directeur technique de l'imprimerie.

Changement de direction

L’imprimerie Grenier, installée à Gentilly (94), a fêté cette année ses 72 ans dans une ambiance tendue. L’entreprise, qui regroupe avec sa filiale Façonnage service une trentaine de salariés, a changé de direction au printemps dernier.

Les actionnaires de la société, et notamment le président du conseil d’administration Jean-Pierre Bourvic, ont licencié le directeur général, le directeur commercial et le directeur technique.

L’ancien directeur financier et administratif de l’entreprise, Michel Hébrard, a quant à lui été nommé directeur général de l’imprimerie.

Une imprimerie historiquement proche du parti communiste

L’imprimerie Grenier est spécialisée dans les travaux avec les collectivités locales, et historiquement proche du parti communiste (fortement implanté dans le Val-de-Marne) et de La France Insoumise.

En 2016, l’imprimerie a réalisé un investissement majeur en faisant l’acquisition d’une presse HP Indigo 10 000 pour répondre aux nouvelles demandes (tirages en plus faible quantité, gestion de données variables, etc.).

La même année, l’entreprise adoptait une nouvelle charte graphique, s’apprêtait à embaucher un nouveau salarié et organisait des portes ouvertes afin de faire découvrir l’usine à ses clients et de réfléchir sur les nouvelles perspectives de la communication imprimée.

Des désaccords stratégiques

La stratégie de l’ancienne direction était volontairement orientée sur l’investissement et la recherche de nouveaux marchés, explique une source qui souhaite rester anonyme. Mais d’après cette source, la décision a été prise par le président du conseil d’administration Jean-Pierre Bourvic de ne pas donner suite à cette stratégie et de se reconcentrer sur les travaux avec les collectivités locales.

Une position démentie par la nouvelle direction, qui confirme toutefois un désaccord sur la stratégie.

« Face aux résultats de l’ancienne équipe de direction, en rien probants, l’Assemblée générale des actionnaires, en désaccord sur la stratégie et les orientations, qu’elle estimait conduisant l’entreprise vers de graves difficultés, a pris ses responsabilités et a effectivement décidé en mars 2018 de révoquer son directeur général et de se séparer de son directeur commercial. 

Alors qu’il était connu de tous que l’année 2017 était particulière, du fait des élections présidentielles et législatives ayant pour conséquence une charge de travail supplémentaire et un chiffre d’affaires exceptionnellement élevé, rien n’avait été anticipé pour tenir compte de l’état du carnet de commandes et celui de la trésorerie à fin 2018, année comparable à 2015 et 2016. »

Avec les élections, le chiffre d’affaires de l’entreprise est passé de 7,5 millions en 2016 à 14,2 millions en 2017.

En avril dernier, le directeur général, le directeur commercial et le directeur technique ont été licenciés pour faute grave. Ils ont tous les trois depuis saisi les prudhommes.

Sur le reste des effectifs de l’entreprise : un salarié n’a pas été renouvelé à l’atelier en janvier, un opérateur prépresse est parti, et toujours d’après notre source, deux autres salariés vont partir prochainement.

Le nouveau directeur, Michel Hébrard, explique :

« Aujourd’hui, la direction actuelle s’emploie à utiliser pleinement les outils modernes dont elle dispose. Si les effectifs ont été effectivement réduits, des partants non remplacés, deux ruptures conventionnelles signées, les mesures prises en termes d’économies et de réorganisation de l’entreprise étaient absolument indispensables et s’avèrent d’ores et déjà non seulement efficaces mais aussi parfaitement adaptés aux enjeux. »

Quelle est la stratégie de l’actionnaire ?

Notre source avoue rester perplexe devant la tournure des évènements et affirme que la nouvelle direction aurait dernièrement annoncé la mise en place de chômage technique et de licenciements économiques.

D’après elle, « sans dynamisme commercial, l’imprimerie doit réduire les effectifs pour survivre et le prochain scoop sera probablement et malheureusement la liquidation de l’imprimerie. »

Une position vigoureusement démentie par la nouvelle direction :

« Certes, l’imprimerie Grenier n’est pas sans connaître les mêmes réalités et difficultés que l’ensemble de la profession face à la conjoncture économique actuelle et aux mutations en cours mais ses équipements, sa haute technicité, son savoir-faire et celui de ses salariés, lui donnent des atouts indéniables. Nos orientations actuelles sont parfaitement claires, totalement assumées et porteuses de réelles perspectives de développement.

Un plan de licenciement économique n’est donc pas d’actualité et le simple dépôt de bilan et à plus fortes raisons sa liquidation n’est absolument pas à l’ordre du jour. »

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