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Kit de survie des imprimeurs : comprendre et participer à l’économie numérique

Je vous invite à découvrir les idées fortes de Jennifer Matt* sur les réponses que doivent donner les imprimeurs dans une économie de plus en plus numérique.

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L’imprimerie est un acteur majeur du marché de l'information. L’information imprimée est encore très répandue que ce soit dans la promotion d’un message, les livres, les catalogues, mais aussi les factures ou encore sur les emballages. Or les technologies numériques sont d'aujourd'hui en train de bouleverser pratiquement tout sur ​​ce marché de l'information.

Ce marché subit ce que le patron du Media Lab américain, Nicholas Negroponte, dans son livre Being Digital, appelle « le passage irrévocable et irréversible des atomes aux bits ». Les bits, unités du langage numérique, sont désormais aussi importants que les atomes, constituants biologiques élémentaires d’un objet tangible comme un document imprimé. Le marché de l’information passe d’une économie des atomes à une économie des bits, ou une économie numérique.

L’imprimerie fait partie de cette économie des atomes. Elle imprime et distribue des contenus via des atomes (des livres, des journaux, des magazines, des flyers, des publicités, des affiches). Aujourd’hui, l’ensemble de ces contenus peut être dématérialisé pour appartenir à l’économie numérique.

Nicholas Negroponte conseillerait sûrement les imprimeurs de proposer des services transformant les produits d'information, qu’ils ont l’habitude d’imprimer, sous forme numérique afin de participer à cette économie des bits. Bien entendu, toutes les économies basées sur les atomes ne vont pas disparaître, beaucoup d’ailleurs ne peuvent pas être dématérialisées (l’alimentation, le logement, etc.), mais le marché des industries graphiques de la presse et de l’édition en particulier sont sans doute les plus adaptés et les plus touchés par ce changement radical.

Une des raisons à ce changement, « le coût marginal de tout ce qui est numérique dégringole de 50% par an, provoquant une course des prix vers le bas, et le mot « gratuit » fait plus d’effet au consommateur que jamais » nous dit Chris Anderson dans son ouvrage « Free !: Entrez dans l’économie du gratuit ».

Les produits culturels sont alors aujourd’hui de plus en plus dématérialisés. C’est le cas depuis plusieurs années pour la musique et les productions audiovisuelles. Ce sera de plus en plus le cas pour les livres. D’ores et déjà, les libraires numériques se développent et le livre électronique va devenir un élément clé, notamment du fait de la maturité des lecteurs. On le voit outre-Atlantique : Amazon a ainsi communiqué en 2010 sur le fait qu’il vend désormais davantage de e-books que de livres traditionnels : pour 100 livres papier, Amazon affirme vendre 143 livres électroniques.

Un système de distribution qui possède des stocks illimités et dont le coût de distribution est déflationniste crée une économie basée sur l'abondance plutôt que sur la rareté. C’est le cas dans l’économie numérique. Dans le marché de l'information axée sur les atomes, les prix sont basés sur la rareté.

Imprimeurs, si vous vous sentez dépassés, mettez vos ceintures de sécurité parce que le rythme du changement dans une économie numérique est exponentiel. Le monde numérique combine des améliorations progressives avec des inventions révolutionnaires pour donner une courbe d'évolution beaucoup plus raide. Selon la loi Moore, le prix d’une unité de puissance de traitement informatique diminue de moitié tous les deux ans ; « le prix de la bande passante et du stockage chute encore plus vite », souligne Anderson.

L’innovation au sein de l’économie des atomes est souvent incrémentale, alors qu’elle est plus souvent radicale au sein de l’économie numérique. Les entreprises dans chacune de ces économies ont différents niveaux de confort aux changements occasionnés par ces innovations. Les acteurs de l’économie numérique voient le changement comme omniprésent et rapide alors que les acteurs de l’économie des atomes le voient comme progressif et lent. D’un côté on embrasse pleinement le changement, de l’autre on est souvent plus prudent, voire résistant.

Dans l’économie des atomes, le logiciel est principalement vendu soit sous forme de licence soit sous forme d’abonnement Saas (Software as a Service). Le débat est actif au sein du secteur de l’impression sur la meilleure façon de déployer ses applications. Alors que les imprimeurs débattent sur cette question, l’économie numérique a encore évolué en proposant une innovation radicale qui augmente l’efficacité et réduit les coûts de déploiement : le cloud computing. Le cloud computing est la mise en commun des ressources – vous louez seulement ce dont vous avez besoin (bande passante, espace de stockage, puissance de traitement) ce qui représente une incroyable économie de matériel, de logiciels et d’énergie. N’hésitez pas à consulter « Dans le Cloud computing - le tutoriel pour débutante »

Le document imprimé sera toujours un produit physique appartenant à l’économie des atomes, mais cela ne signifie pas que les imprimeurs ne peuvent pas tirer parti des avantages de l’économie numérique dans leurs entreprises. Rester compétitifs dans l’économie des atomes demande aujourd’hui aux imprimeurs d’acquérir justement cette capacité à innover et à embrasser pleinement les nouvelles évolutions propres aux acteurs de l’économie numérique.

* Jennifer Matt est consultante indépendante sur toutes les questions autour du « eprinting et du « web-to-print »

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