Colère et grève à l'imprimerie Loire Offset Titoulet (42)

© Cédric Mialon

À quelques jours de la fermeture de l'usine, les salariés très remontés demandent des comptes à la direction. Le président de Loire Offset Titoulet répond aux critiques.

Loire Offset Titoulet est bloquée depuis l'annonce de la liquidation judiciaire le vendredi 8 mars. Aucun dossier de reprise n'a été déposé, scellant le sort de l'imprimerie rotative et feuille située à Saint-Étienne dans la Loire. La majorité des salariés font le piquet devant l'imprimerie, les autres travaillent à minima dans une ambiance pesante. La grève continuera jusqu'à la fin, le mercredi 20 mars.
Les 133 employés bientôt licenciés réclament une prime supralégale de licenciement et sont très en colère contre la direction.

Les causes de la faillite de l'imprimerie Loire Offset Titoulet

"Des décisions en termes d'investissement ont été disproportionnées et n'ont pas été effectuées là où il fallait", déplore l'un d'eux.

Le président de Loire Offset Titoulet, Pierre Mougne, analyse et nuance : "La situation d'aujourd'hui est principalement due à un projet ambitieux d'investissement lancé il y a 10 ans lors de la fusion de l'imprimeur Loire Offset Plus et du façonnier Titoulet SBI. Il devait assurer l'avenir des deux entreprises. À cette époque, les dirigeants ont fait preuve d'optimisme - ce que l'on ne peut pas leur reprocher, car une entreprise qui n'investit pas est condamnée à disparaître.

Le projet comptait sur une montée en charge de l'activité. Cela n'a pas eu lieu, car le marché est absolument médiocre. Les volumes d'impression diminuent d'année en année en France au bénéfice de nos confrères européens en particulier frontaliers et des pays de l'Est. Aujourd'hui, dans le contexte ce projet ne se ferait pas."

Un besoin important d'apport extérieur de chiffre d'affaires

En prenant en comptant les crédits baux en cours, l'entreprise cumule aujourd'hui 20 millions d'euros de déficit.
D'ailleurs, Pierre Mougne, qui était plutôt confiant en janvier lors de la mise en redressement judiciaire (lire Loire Offset Titoulet à la recherche d'un repreneur), nous confie : "J'ai été extrêmement étonné, abasourdi même, qu'il n'y ait pas de dossier de reprise. Plusieurs groupes avaient montré leurs intérêts pour Loire Offset Titoulet et avaient les moyens de reprendre l'entreprise. Mais cette reprise doit s'accompagner d'un apport de chiffre d'affaires extérieur important (de 5 à 10 millions) pour équilibrer l'exploitation et personne aujourd'hui n'est capable de les apporter."

Les salariés ont également beaucoup de griefs contre les actionnaires de l'imprimerie s'estimant "arnaqués" par les salaires faramineux des actionnaires Titoulet. Pierre Mougne balaye ces rumeurs : "Les salaires ne sont pas du tout de cette ordre : il ne peut pas y avoir de salaires de footballeur ou de présentateur télé dans une PME qui perd de l'argent. Les salaires en France ont toujours fait fantasmer…"

Peu d'espoir...

Et concernant l'indemnité supralégale, le président se montre peu optimiste : "Je ne sais pas si le liquidateur judiciaire a les moyens d'accéder à la demande des salariés. Mais je ne connais pas de cas où ces indemnités aient été obtenues dans une entreprise indépendante qui n'appartient pas à un groupe qui peut les payer."

Jusqu'au 20 mars, il peut encore avoir un repreneur, mais ni la direction ni les salariés n'y croient.
"C'est plus facile de reprendre une entreprise dans sa phase de continuation d'activité qu'en liquidation judiciaire", remarque le président. 

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