Réenchanter l’imprimerie et les industries graphiques par l’innovation

L’innovation est sur toutes les lèvres. Elle est le sujet favori de discussions de professionnels reconnus, le thème principal des conférences sur l’avenir de la presse, de l’édition, ou de l’imprimerie.

La filière graphique est bousculée. Le papier recule devant l’arrivée des nouveaux médias numériques. Incontestablement, Internet, mobiles, copieurs numériques bureautiques, tablettes, liseuses et ebook, écrans plats… possèdent des atouts très appréciés des consommateurs.

Face à cette concurrence, les professionnels de l’imprimerie et des industries graphiques sont contraints de redéfinir leurs offres, le positionnement de leurs produits dans un nouveau paysage dans lequel la complémentarité papier-numérique serait possible. Il s’agit alors pour ces professionnels de mettre en place de nouvelles solutions, de nouvelles applications pour trouver de nouveaux marchés, de nouvelles niches. Mais comment?

En innovant! Voilà la solution. L’innovation est en effet sur toutes les lèvres. Elle est le sujet favori de discussions de professionnels reconnus, le thème principal des conférences sur l’avenir de la presse, de l’édition, ou de l’imprimerie.   

C’est en parcourant de nombreux livres abordant les questions autour de l’innovation que j’ai découvert l’ouvrage de Christophe Midler, Rémi Maniak et Romain Beaume : « Réenchanter l’industrie par l’innovation, l’expérience des constructeurs automobiles » paru chez Dunod.

De très nombreux parallèles peuvent être faits entre les industries graphiques et l’industrie automobile, il est aussi d’actualité de pouvoir recommander à la profession de : « Réenchanter l’imprimerie et les industries graphiques par l’innovation ».

L’imprimerie et les industries graphiques ont en effet plus ou moins suivi la même évolution tout du moins les mêmes contraintes que l’industrie automobile. D’une économie de production de masse, l’imprimerie se retrouve à répondre comme l’industrie automobile, à une économie mettant en avant la personnalisation de masse avec des cycles de décision, de production et d’innovation de plus en plus courts.

Les mêmes méthodes sont alors appliquées, le lean manufacturing, la normalisation,  la gestion de projets. Pour se différencier et éviter ainsi de sombrer dans la guerre des prix, les mêmes recommandations sont ainsi préconisées : investir dans les nouvelles technologies (l’impression numérique), approcher de nouveaux business models (l’impression à la demande), aborder de nouvelles méthodes de vente (le web-to-print), voire de nouveaux processus de distribution.

L’innovation est devenue indispensable à la filière graphique. En fonction des marchés, elle se concentre à optimiser la capture, le traitement, l’accès, l’accessibilité, et la diffusion des différents CONTENUS qu’ils soient imprimés sous le forme d’un livre, d’un magazine, d’un journal, d’un catalogue, d’une publicité, ou tout simplement d’un rapport annuel.

L’innovation doit être pertinente parce qu'elle doit faire sens pour l'environnement et les tissus sociaux où elle va s'insérer, pour l’éditeur qui va la vendre, pour l’imprimerie qui va la produire, pour ses salariés, son outil de conception/production, pour les clients qui devront l'acheter.

Il faut donc à la fois stimuler la créativité des salariés, des responsables et des chefs d’entreprise, travailler de concert avec les fournisseurs de solutions logiciels, des constructeurs de presses, etc., mais aussi évaluer la pertinence de ce qu'ils ont inventé et donc, in fine, la valeur qu'ils pensent avoir générée. Il va falloir, enfin, rapprocher cette valeur d'un coût de risques, d'investissements, pour décider s'il faut continuer ou bien abandonner.

L’imprimerie et les industries graphiques sont-elles aussi prêtes à absorber des technologies de ruptures, à modifier leur organisation, à prendre le risque, même calculé, de déstabiliser des processus pourtant indispensables à l’obtention de la qualité?

Christophe Midler, Rémi Maniak et Romain Beaume posent dans leur ouvrage d'autres questions au secteur automobile : comment s'organiser pour innover, comment refondre l'amont de l'entreprise? Comment évaluer les différentes "valeurs" d'une innovation? Comment anticiper les innovations les plus radicales et en permettre ainsi un accouchement moins risqué? Comment gouverner ces innovations, c'est-à-dire décider d'arrêter ou de continuer en engageant, sans mollir, les investissements et développements nécessaires? Comment co-innover avec ses fournisseurs et étendre ainsi le champ des possibles? Comment mobilier l'ensemble des secteurs concernés de l'entreprise si l'innovation s'avère systématique? Comment concilier la rigueur indispensable à l'obtention de la qualité, à la tenue des délais ou à la tenue des coûts et la créativité nécessaire à l'innovation dans ce que les auteurs appellent une « organisation ambidextre [1] »?

Je profite de cette période des vœux pour souhaiter ainsi à la filière des industries graphiques le réenchantement si cher aux professionnels du secteur. Que l’année 2015 soit synonyme d’innovations, de beaux succès pour les imprimeurs français et leurs clients !

Références :
(1) March, J.G. “Exploration and Exploitation in Organizational Learning”, Organization Science , vol.2, n°1, 1991, p.71-87.
(2) O'Reilly III , C.A. et Tushman, M.L. “The Ambidextrous Organization”, Harvard Business Review , avril 2004, p.74-81.

 

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