Le mauvais calcul de la liquidation judiciaire de Néo Typo (25)

Le tribunal de Commerce de Dijon a prononcé la liquidation judiciaire de l'imprimerie du Doubs Néo Typo, refusant une offre de reprise. Cette liquidation coûtera plus cher que la reprise partielle proposée.

Située à Besançon dans le Doubs, l'imprimerie Néo Typo vient de fermer ses portes. L'imprimerie a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de Commerce de Dijon le 7 octobre.

Créée il y a 108 ans, sous le nom de La Solidarité, cette entreprise avait jusqu'en 2010 le statut de Scop, ce qui faisait d'elle l'une des plus vieilles coopératives ouvrières de France.

Les 29 salariés attendent désormais leur lettre de licenciement. Pourtant lundi, ils pouvaient espérer la reprise de neuf salariés par l’imprimerie Simon Graphic, située à Ornans dans le même département.

Simon Graphic souhaitait embaucher neuf salariés et racheter la machine à reliure, une Muller Martini, avec du petit matériel. Le tribunal de Commerce de Dijon a estimé l'offre trop faible en terme de nombre d'employés et en terme financier : neuf emplois et 150 000 euros.

″C'est complètement ahurissant″ confie Antoine Simon, le co-dirigeant.

Le tribunal n'a en fait pas seulement refusé une offre de 150 000 euros : ″En fait c'est beaucoup plus : il y a un passif social de 320 000 euros que je leur évitais au niveau des paiements des primes de licenciement. C'est une ancienne Scop donc les neuf salariés avaient énormément d'ancienneté. Donc il coûtait très cher de les licencier : 320 000 euros.″

Comme les anciens salariés de Néo Typo, le dirigeant compare ce verdict avec le cas de l'entreprise familiale de Franche-Comté  Estimprim : ″On peut s'interroger sur le côté non équitable des décisions de justice puisque Estimprim a racheté 50 000 euros le matériel d'IME qui est énorme. Moi, je proposais 130 000 pour une seule machine de reliure, et on me dit non...″

Finalement, Simon Graphics reprend cinq salariés de Néo Typo, deux commerciaux, un deviseur-fabricant, un conducteur offset et un opérateur pré-presse.

″On avait besoin de personnel. Ce sont de bons profils, des gens qui sont très professionnels avec une expérience forte.″

Si le tribunal avait permis de l'imprimerie de racheter la machine à reliure pour 130 000 euros, Simon Graphic aurait embauché quatre personnes de plus.

 

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Eric Illand - 19 Mars 2016
La même rengaine, ce sont ceux qui ne connaissent ni le métier ni les dossiers qui prennent les décisions. La France n'avance plus elle vit de soubressauts, au jour le jour et, sans visibilité pour les entreprises celles qui ont quelques lueurs ont les renvoie dans leurs quartiers <> Une justice assise sur la loi et ses articulets, trop souvent sous influence des syndicats qui ne représentent plus rien sinon leurs délégués, prébandes et avantages tous incapables de prendre une décisionen cohérence économique....
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